Même si l'heure s'indécise

Publié le par Hélène Mêmesi

A l'heure où je vous perle, le précieux se précise et le temps s'enfile. Le silence est d’ores et déjà mieux. Les absents brillent et les éclats volent. A l’heure où vous perlez, je vous entends frôler les matins de rosée. Friser les nuits arrosées. Effleurer les aubes titubantes. Défier les soirées dérisoires. A l'heure où je vous perds, le temps s'indécise, les tempes sont dures, heurtées par les cœurs abattus. Je surprends vos murmures dans les nuits qui s’efforcent de durer et les matins qui s’effacent. A l’heure où vous perdez vos sens, les temps s’endurent et m’essoufflent dans une course sans fond. Même si l’heure est grave, les temps sont pliés et les peuples sont liés. Et je vous vois encore, agiles et agités, monter d’un ton. Rejoindre les aigus. Ecarter les égouts. Eviter les ignobles. Atteindre la gratitude.

Publié dans Air du temps

Commenter cet article

Marc 02/12/2016 10:47

Je ne sais pas si c'est un compliment pour toi mais c'est beau comme du Bashung au meilleur de sa poésie (Fantaisie Militaire et L'imprudence).

HélèneMêmesi 02/12/2016 10:52

Merci Marc. C'est un compliment qui me va droit au coeur ! Alain Bashung, sans oublier Jean Fauque :) "À l'avenir / Laisse venir Laisse le vent du soir décider À l'avenir / Laisse venir / Laisse venir L'imprudence"