Même si tes paupières sont lourdes

Publié le par Hélène Mêmesi

Photo par Irizium
Photo par Irizium

Même si tes paupières sont lourdes, elles s'éparpillent. Elles irradient en tout sens jusqu'à laisser interdit par tant d'ardeur. Elles parsèment les contours des nuits jusqu'au laisser-aller par temps ardu. Tes paupières ne s'en laissent pas conter. Elles se racontent.

Même si tes paupières sont lourdes, elles s'éclipsent. Lorsqu'elles rejoignent les portes des pas radieux. Invitent à fermer les yeux, cernés par tant d'émois. Elles s'élargissent quand tu avances, léger, à découvert. Prêt à t'assoupir puis soudain redressé, comme en apesanteur. Tes paupières jamais ne s'appauvrissent. Enrichies par des poussières d'étoile. Libres de tout marchand de sable. Taquines, elles s'ouvrent et donnent à voir.

Même si tes paupières sont lourdes, elles franchissent tout ce foutu fatras, s'affranchissent des derniers regards, fracassent les fichus tracas. Elles s'entrouvrent et nous portent dans d'autres sphères. Elles se faufilent et reportent nos ultimes fêlures à demain. Pour murmurer au creux du lit, nous ouvrir les yeux et nous laisser surprendre par la nuit.

Commenter cet article