Même si je n'étais pas née

Publié le par HélèneMêmesi

Même si je n'étais pas née

Même si je n'étais pas née, je t'ai imaginée mon aïeule adorée
Entre le début de la guerre et la fin de ton père
Assaillie, abasourdie, assagie. En plaine amère

Même si je n'étais pas née, je t'ai regardée mon aïeule avisée
Et dans ton regard voilé, je t'ai vue
Seule avec ta mère. Quand les soldats sont arrivés
Et dans tes iris grisés, je t'ai aperçue
Tremblante face aux hommes armés

Même si je n'étais pas née, je t'ai retrouvée
A la jonction des rêves impalpables
A la rencontre des espoirs increvables

Même si je n'étais pas née, je t'ai écoutée mon aïeule ridée
Et dans ton soupir résigné, je t'ai sentie
Frémir dans le fossé. Quand la patrouille est passée
Et dans ton rire étouffé, je t'ai entendue
Soupirer quand le poids des souvenirs s'est abattu

Même si je n'étais pas née, je t'ai contemplée
Et dans ton corps marqué, j'ai deviné ces parts de vie en toi
Ces champs de bataille et ces épis de paix

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Marianne 01/11/2015 18:01

Très beau poème, comme d'habitude.
Je trouve que tu as beaucoup d'inspiration.
Félicitations !

HélèneMêmesi 01/11/2015 21:23

Merci Marianne ! Au plaisir de lire ton prochain billet réflexo !

Marc 30/10/2015 12:33

Magnifique et très touchant.

HélèneMêmesi 01/11/2015 21:25

Merci Marc. Comme tu le disais ailleurs, la guerre a tant bouleversé les vies de nos aïeux...et les bouleversements continuent...